ZOOM SUR BLANDINE

 Voici un texte qui présente l’essentiel de ce qui est connu des historiens à propos de Blandine, avec quelques illustrations.
 Ce texte est issu du livre « Montrez-nous des Chrétiens » - Ed. Tardy - P. 31-34.
Il cite des extraits de la traduction française de l’Histoire Ecclésiastique au chapitre V de l’historien EUSEBE de CESAREE, en Palestine (mort vers 340).
Cet historien  s’appuie lui-même sur des sources contemporaines des martyres de Lyon, à savoir une lettre que des chrétiens de Lyon et Vienne envoient à leurs « frères » d’Asie Mineure (Ouest de la Turquie actuelle).
BLANDINE ET LES AUTRES MARTYRS DE LYON ET DE VIENNE

En l'année 177, Lyon est déjà une ville importante. C'est à Lyon qu'est construit le plus important amphithéâtre de la Gaule. Tous les ans, au début du mois d'août, des délégations y viennent de toute la Gaule pour la grande fête de l'Empire romain. Cette année-là, en 177, le supplice d'un certain nombre de chrétiens fait partie du spectacle. Une lettre des chrétiens de Lyon à des chrétiens d'Asie Mineure nous permet de comprendre comment et pourquoi des chrétiens, cette année-là, sont morts martyrs à Lyon.

Fin mars 177
Arrestation et premiers interrogatoires
 
    "Il s'est produit chez nous une grande persécution. Les païens se sont déchaînés contre nous. On nous a chassés des bains publics, des maisons et des marchés. On nous interdisait pratiquement de paraître en public. La foule réussit à capturer un bon groupe de chrétiens. Heureusement, c'étaient les plus solides d'entre nous. Ils allèrent courageusement à la rencontre du Christ. Insultés, frappés, traînés à terre, ils furent conduits au Forum. Les chefs de la ville les ont interrogés. Ils confessèrent leur foi au Christ. Alors on les a mis en prison, en attendant le retour du gouverneur, qui était absent."
Du mois d'avril au mois de juin
Interrogatoires par le gouverneur
    "Le gouverneur arriva. Jour après jour les chrétiens arrêtés étaient conduits au Forum pour être interrogés en public. On leur faisait subir de cruelles tortures, parce qu'on voulait leur faire dire qu'ils avaient commis toutes sortes de crimes.

Epagathe était un chrétien plein de zèle pour Dieu, et tout bouillonnant du Saint-Esprit ! Il n'avait pas été arrêté. Pourtant, il prit la défense des accusés : "Nous croyons au vrai Dieu ! Et nous ne commettons aucun crime". Il fut arrêté à son tour.

Blandine était une esclave. Nous avions peur qu'elle renie la foi. Mais le Christ montra quelle force possède celui qui est rempli d'amour ! Blandine supportait toutes les tortures sans faiblir. Elle ne disait qu'une seule chose : "Je suis chrétienne, il ne se fait aucun mal chez nous."

Sanctus était le responsable des chrétiens de Vienne. On lui demanda son nom, son âge, son lieu de naissance, sa profession, sa nationalité. A toutes les questions il se contenta de répondre lui aussi : "je suis chrétien".

On continuait d'arrêter des chrétiens, et les prisonniers étaient affreusement entassés dans les cachots. Beaucoup moururent étouffés. Parmi eux, Pothin, notre évêque. Il avait plus de 90 ans ! Le gouverneur lui avait demandé : "Quel Dieu adorez-vous ?" Pothin avait répondu : "Tu le connaîtras, si tu crois en Jésus!"

Certains chrétiens, pour échapper à la torture, ont renié le Christ. Parmi eux il y a eu Biblis, une femme ; le gouverneur l'interrogea. Il pensait qu'elle allait nous accuser de toutes sortes de crimes ! Mais à ce moment-là, elle retrouva tout son courage. Elle affirma que les chrétiens n'étaient pas des criminels, et qu'elle aussi elle était chrétienne. A partir de là, elle a partagé le sort des autres martyrs."

Le 24 juin, jour de la fête du soleil
Les martyrs à l'amphithéâtre
Dernières prières des martyrs chrétiens, 
peinture de J.L. Gérôme, 1875-1885, Walters Art Gallery, Baltimore
"Blandine,  Sanctus, Maturus et Attale furent conduits à l'amphithéâtre. Blandine fut attachée à un poteau, exposée aux bêtes féroces lâchées dans l'amphithéâtre. Les autres chrétiens, dans leur supplice, l'entendaient prier à haute voix. Il leur semblait voir, en regardant leur sœur, celui qui a été crucifié pour nous. Celui qui souffre pour le Dieu vivant ne fait qu'un avec le Christ. Aucune bête n'attaqua Blandine. A la fin de la journée on la remit en prison. Mais on égorgea Maturus et Sanctus, qui survivaient à peine à leurs blessures. 
 
 
 
Attale avait fait le tour de l'amphithéâtre. Quelqu'un portait devant lui une pancarte où était écrit : Voici Attale, le chrétien." La foule hurlait de rage ! Mais le gouverneur apprit qu'il était citoyen romain. Il le renvoya en prison, et écrivit à l'empereur pour savoir ce qu'il fallait faire."
 
La grande fête du mois d'août
    L'empereur répondit : "Il faut condamner à mort les chrétiens arrêtés. Mais qu'on libère ceux qui renient leur foi."

Au début de la grande fête du mois d'août, le gouverneur fit de nouveau comparaître tous les martyrs à son tribunal. Ceux qui étaient citoyens romains, il les faisait décapiter ; les autres, il les condamnait aux bêtes.

Alexandre était un médecin très connu à Lyon. Debout près du tribunal, il faisait des gestes pour encourager les chrétiens à tenir bon. La foule poussa des cris contre Alexandre. Le gouverneur demanda : "Qui es-tu ?" Alexandre répondit : "Je suis chrétien". Lui aussi fut condamné aux bêtes.

Le dernier jour de la fête, Blandine parut à son tour dans l'amphithéâtre, avec Pontique, un garçon de 15 ans. On ne put réussir à leur faire renier leur foi. Blandine encourageait Pontique, qui finit par mourir sous les coups.

 
Il ne restait plus que Blandine. Tous les autres martyrs étaient morts. Elle était impatiente de les rejoindre. Elle était rayonnante de joie, comme si elle était invitée à un repas de noces. On finit par la jeter dans un filet, et on lâcha dans l'amphithéâtre un taureau furieux. Blandine fut bien des fois projetée en l'air par les cornes de l'animal, mais on aurait dit qu'elle ne se rendait compte de rien. Elle ne pensait qu'à Jésus Christ. Enfin on l'égorgea. Les païens eux-mêmes reconnaissaient que jamais une femme n'avait enduré de telles souffrances."
Sainte Blandine, gravure,  Bibliothèque nationale Paris
De vrais disciples du Christ
    "Tous ces martyrs ont été de bons imitateurs du Christ : "Lui il était de condition divine, pourtant il n'a pas exigé d'être traité comme Dieu ; au contraire, il a renoncé à la gloire divine pour vivre entièrement comme un homme. Il s'est abaissé jusqu'à mourir sur la croix". Ils ne voulaient pas que nous leur donnions le titre de martyrs. Ils disaient : "Seul le Christ est le vrai martyr, fidèle et authentique." Ils nous demandaient instamment de prier pour eux, afin qu'ils aient la force de tenir jusqu'au bout.

Ils n'accusaient personne. Comme Étienne, ils priaient pour leurs bourreaux : "Seigneur, pardonne leur ce péché !".
 

DECOUVRIR L’INTRUS
 Grâce au « Zoom sur Blandine », vous allez pouvoir justifier brièvement chaque mot ou expression ci-dessous et découvrir l’intrus parmi ces 10 indications
  1. Amphithéâtre
  2. empereur Marc Aurèle
  3. évêque Pothin
  4. esclave grecque
  5. forum
  6. France
  7. Lettre aux chrétiens d’Asie Mineure
  8. Mordue à mort par des fauves
  9. Refus de sacrifier aux dieux impériaux
  10. second siècle
DEVINETTE A PROPOS DE STE BLANDINE
Il s’agit de deux homonymes, composés de quatre lettres : consonne, voyelle, voyelle, consonne.

 . l’un désigne une ville
 . l’autre désigne un animal.

- qui sont-ils ?
- quels liens ont-ils avec Blandine ?

Tac au tac autour d'un poisson grec