Un chrétien engagé dans la vie politique

La politique mise en place par Hitler quand il devient chancelier le 30 janvier 1933 (puis Führer du Reich allemand) repose sur une théorie raciste qui met en péril ceux qui ne sont pas "aryens".
Dès le 1er février 1933, le pasteur D.Bonhoeffer, lors d'une prédication qu'il fait à la radio, dénonce l'approbation massive donnée par le peuple allemand et s'élève contre les lois antisémites. Mais le responsable de la radio interrompt l'émission.
 
Caricature parue dans le Pelerin du 12 janvier 1936 Dietrich résiste aussi à ce que le nazisme demande aux Églises.

"l'Église de Prusse accepte le 5 septembre 1933 un paragraphe interdisant à toute personne qui a du sang juif dans les veines et n'est donc pas un pur "aryen", d'exercer un ministère dans l'Église. Certains chrétiens pro-nazis ne veulent- ils pas supprimer l'Ancien Testament qui est juif et "déjudaïser" Jésus ?
Immédiatement, Dietrich entre dans l'opposition. Il refuse un poste de pasteur en Prusse et accepte de partir pour Londres, dès 1933, comme pasteur de deux petites communautés allemandes. Il revient en 1935. Avec quelques amis, dont le théologien Karl Barth, qui poursuivent le même combat que lui, il fonde "l'Église confessante et protestante" qui doit annoncer l'Évangile sans réserve et coûte que coûte face à l'idolâtrie nationaliste et raciste."
Guide de Culture Religieuse de M.C et P.Moissonnet, ed. cerf jeunesse

 

En 1936, il lui est interdit d'enseigner à l'université de Berlin.
En 1938, il ne doit plus résider à Berlin.
En 1939, il part aux États-Unis pour y donner des conférences mais ne supporte pas d'être loin de son pays quand la guerre éclate ; c'est pourquoi il revient au plus vite.
 

Extrait du Journal de D.Bonhoeffer rédigé au cours du voyage aux États-Unis :

 

 

"15 juin 1939
Depuis hier soir, je ne parviens plus à arracher mes pensées à l'Allemagne. Je ne croyais pas possible qu'à mon âge,  après tant d'années passées à l'étranger, on puisse si cruellement éprouver le mal du pays. Le matin, une promenade en auto, en soi admirable, qui nous conduisit chez une de nos amies à la campagne, ou plutôt à la montagne, m'a été presque insupportable. Nous étions là pendant une heure à bavarder de choses qui, loin d'être stupides, étaient parfaitement indifférentes ; il était question de savoir si une bonne formation musicale peut être acquise à New York, puis d'éducation, etc. ; je pensai combien ces heures m'auraient été précieuses en Allemagne. J'aurais aimé prendre le prochain bateau. Cette inactivité, ou plutôt cette activité dans un domaine indifférent, m'est tout simplement insupportable lorsque je pense à mes frères et au temps  précieux qui passe. Les reproches que je m'adresse à moi-même, à propos d'une fausse décision, pèsent sur moi de tout leur poids et m'accablent. J'étais désespéré."
D.Bonhoeffer,  Texte choisis. Trad.Lore Jeanneret. Ed du Centurion, Paris et Labor et Fides, Genève, 1970.
 
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